Fulmine da Rossini!!
La parution française du dernier récital rossinien gravé par Joyce DiDonato, au-delà d'un évènement percutant à l'image de la vocalité et de la pétulance de la chanteuse est un bonheur dont il ne faut pas s'abstenir!
Un festival de bel canto rossinien par voix médiante, enfin, et surtout un peu teinté autrement que les derniers de Cecilia Bartoli qui pour être fabuleux, étaient devenus, ce qui est toujours à déplorer à mon sens, les "seuls" depuis les années Horne, à présenter un renouveau avérés. Or, à force, ils n'en étaient plus nouveaux du tout puisque seuls à parcourir le répertoire en question avec bonheur, panache et style suffisant.
La question du style étant chez Rossini particulièrement pertinente, car si tout compositeur bien évidemment amène un style, le style belcantiste est encore une autre variation (justement J) de la définition du terme.
Ainsi, je suis heureuse de trouver à entendre une autre puissance de revisite du répertoire d'un compositeur très aimé ici, ce qui paraît bien évidemment un tant soit peu logique, dès que l'on aime les voix, le chant et par conséquent, le bel canto.
En outre, il se trouve que Joyce DiDonato est ma nouvelle muse depuis le premier instant où je l'ai vue et entendue. Une chanteuse pleine de vie, d'art, d'intelligence et percutante, qualités que l'on retrouve dans la projection sans faille de sa voix pleine, colorée et chaude. Et s'il ne faut certes pas chercher à trouver en elle mises en avant ductilités et douceurs suaves de féminité par trop exacerbée, mais subtilité, alchimie des tons et nuances, entrain et évidence d'un certain bonheur de vivre et faire vivre ce qui est délivré avec finesse réelle d'interprétation, ce n'est non seulement pas pour déplaire, mais bien plus, c'est chez elle ce qui séduit! Joyce n'est pas sans remémorer la façon de se poser là d'une autre tant aimée, et soprano, Leontyne Price, par exemple, dans sa façon d'aborder son chant, de projeter et faire sonner son spectre d'un halo franc et prenant toujours exempt d'agressivité. Enfin, elle évoque en domaine belcantiste, mais aussi mozartien, un certain art du chant de moins en moins sinon visité, utilisé de nos jours et ceci participe encore des nombreuses qualités qui font d'elle une interprète d'exception que, vous l'aurez compris, j'aime intensément.
Pour ouvrir donc ce billet d'hommage justement rendu et remerciement à l'artiste pour ce qu'elle ne cesse de m'apporter, voici en extrait de ce superbe récital purement et profondément rossinien jusque dans l'esprit du choix des arie qui le composent, ce que l'on appelle chez le compositeur, un air alternatif (notion très intéressante et sur laquelle il faudrait se pencher véritablement) issu de l'opéra Elisabetta, Regina d'Inghilterra suivi plus bas en extrait vidéo de l'air avec lequel il alterne et dont la célébrité n'est plus à faire..
Soyez patient durant le récitatif si vous avez quelque peine avec ce style et vous vous amuserez de reconnaître une variation qui n'est pas sans quasiment s'inscrire presque meilleure que son pendant! En effet, on y mesure presque mieux la faconde du compositeur qui pour asseoir brillance et virtuosité s'arme d'une rythmique et de figures strictes et exemplaires.
Pour l'anecdote, cette interprétation a su me tirer une larme d'enthousiasme et d'émotion.
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